Journée internationale de la santé et la sécurité au travail du 28 avril - Perdre la santé, perdre la vie en raison du travail : ça suffit !
Ce 28 avril 2026, journée internationale de la santé et de la sécurité au travail, la CGT appelle comme chaque année à la mobilisation pour qu’enfin de réelles mesures soient prises pour en finir avec la mort ou les blessures graves au travail.
Patronat et gouvernement doivent prendre en compte la réalité des situations sur les lieux de travail.
Dans le monde, chaque année, on dénombre près de 380 millions d’accidents du travail, entraînant absences, handicaps… voire la mort : plus de 3 millions de décès sont liés aux accidents du travail ou aux maladies professionnelles.
En 2024, le bilan de la Sécurité sociale dénombre 1 297 morts au travail ou par le travail (auxquels il faut ajouter les travailleur·es dépendant du régime agricole, des régimes spéciaux, de la fonction publique, et les indépendant·es, non comptabilisé·es dans le rapport) :
• 764 décès à la suite d’un accident de travail ;
• 318 à la suite d’un accident de trajet ;
• 215 décès à la suite d’une maladie professionnelle.
C’est un scandale national, plus de 3 morts par jour – invisibilisées ou traitées le plus souvent comme de simples faits divers.
En 2024, 22 jeunes de moins de 25 ans sont morts suite à un accident du travail.
En 2025, 5 victimes étaient des mineurs, apprentis ou lycéens de moins de 18 ans.
C’est un bilan désastreux pour le gouvernement et le patronat qui défendent l’entreprise comme lieu d’apprentissage tout en refusant de prendre en compte la réalité du travail et ses conséquences.
Les morts à la suite d’une maladie professionnelle sont aussi en augmentation. Les cancers professionnels sont encore nettement sous-déclarés, et souvent non considérés comme liés à l’activité professionnelle, faussant ainsi les statistiques et donc à terme la prévention nécessaire des risques et la réparation des préjudices subis par les victimes du travail.
La DGFIP n’est pas épargnée :
- Suite à la vague de suicides et tentatives de suicides qui déferle sur nos services, la DG, poussée par les OS, a accepté de prendre en compte la santé mentale des agents. En 2025, le nombre de suicides et de tentatives de suicides atteignait un triste record jamais atteint à la DGFIP et rappelait indéniablement les heures sombres de France Telecom.
- La disparition des CHSCT depuis 2020, remplacés par la FS, a permis à la Direction de limiter l’intervention des représentants des personnels. Mais pour la CGT, cette situation participe à l’aggravation des conditions de travail et au recul en matière de prévention des risques professionnels.
Partout sur le territoire les risques psycho-sociaux (RPS) n’ont de cesse de se multiplier. Aucun service ne semble épargné. Pour rappel les RPS regroupent le stress au travail, les harcèlements et violences internes ou externes au travail, le syndrome d’épuisement professionnel (burn out). Les RPS peuvent se traduire par l’expression d’un mal-être ou d’une souffrance au travail, des conduites addictives, une dégradation de la santé physique et mentale.
Pour la CGT Finances Publiques, le constat est clair : que la DG ait décidé de faire de la santé mentale sa « grande cause nationale » c’est bien, mais « être attentifs les uns aux autres » ça ne sera clairement pas suffisant. Renvoyer la responsabilité de la santé mentale aux collègues c’est nier la responsabilité de l’employeur !
Pour la CGT Finances Publiques il est urgent :
– de reconnaître les suicides en accidents de service : cette reconnaissance serait seulement le minimum dû à la mémoire de nos collègues, à la souffrance qu’ils et elles ont endurée et celle qu’elle a provoquée dans leur entourage et dans notre communauté professionnelle,
– d’arrêter les restructurations permanentes, les suppressions d’emplois, les pressions statistiques, l’industrialisation des taches de travail, l’arbitraire dans les carrières et la mobilité, retrouver de l’humain dans le travail, changer la nature de l’encadrement...