L’IA avance, le dialogue social traîne les pieds
Même si l’on peut parfois douter de leur utilité réelle pour les missions, des systèmes d’intelligence artificielle (SIA) sont déployés depuis déjà plusieurs années à la DGFiP et la folle accélération de l’actualité autour de ces technologies n’épargne pas notre administration.
La DGFiP a été prompte à prédire de formidables gains de productivité et de recettes fiscales grâce à ces outils, faisant miroiter de substantielles économies d’emplois au passage.
Alors que les résultats sont très en deçà des prévisions, comme l’a souligné la Cour des Comptes, les conséquences négatives sur les agents et leurs conditions de travail sont bien réelles. C’était prévisible et il est anormal que l’introduction de nouvelles technologies, qui transforment l’exercice des missions, n’ait pas fait l’objet d’études d’impact et d’un véritable dialogue social.
C’est pourquoi début 2024, dans le cadre de la formation spécialisée santé sécurité et conditions de travail du CSA de réseau DGFiP (FSSSCSAR), la CGT Finances Publiques et Solidaires Finances Publiques ont demandé la réalisation d’une véritable étude d’impact par un organisme indépendant.
L’expression de besoins détaillée de la CGT Finances Publiques adressée en juin à la DG portait à la fois sur un bilan des SIA déjà déployés et l’élaboration d’un cadre de prévention et de dialogue pour les déploiements futurs.
Lors de la réunion de la FS de septembre 2024, alors que nous pensions avancer sur le lancement de l’étude, nos espoirs ont été douchés par la DG, qui a estimé qu’il fallait d’abord faire faire, pour la modique somme de 8100 € hors taxes, une analyse de nos demandes par l’ANACT. Ça fait cher l’explication de texte ! Ça introduisait aussi un délai supplémentaire pour un intérêt pas du tout évident, nous laissant la désagréable impression que la DG voulait jouer la montre. De plus, en prévoyant que l’analyse de la demande se conclue sur une proposition d’intervention, la DG positionnait de fait l’ANACT comme favorite pour la réalisation de l’étude alors que nous avions souhaité pouvoir faire d’autres propositions et choisir collectivement l’intervenant.
La CGT Finances Publiques, seule hélas sur cette position, a donc voté contre cette proposition.
C’est ainsi que quatre mois plus tard, à la FSSSCSAR du 17 janvier 2025, nous était proposé pour information (manquerait plus qu’on donne notre avis) le résultat de cette analyse de la demande.
Comme nous l’avions craint, cette analyse n’apportait pas grand-chose à notre expression de besoins. Au contraire la reformulation de la demande aurait plutôt eu tendance à édulcorer nos exigences. La proposition d’intervention nous laissait également dubitatifs sur plusieurs points, sans parler du fait qu’elle n’était pas chiffrée.
La séance du 17 janvier ayant tourné court (voir compte-rendu) le sujet n’a pas pu être abordé ce jour là.
Mais comme il faut bien faire semblant d’avancer, la DG a proposé une réunion technique des membres de la FS uniquement sur ce point le 12 février.
Les représentant.e.s CGT Finances Publiques n’étaient pas disponibles ce jour là et l’ont fait savoir, sans obtenir le déplacement de la réunion. Il nous a seulement été proposé de faire parvenir nos observations par écrit. Comme on ne se fait que peu d’illusions sur ce qui en sera fait et qu’on n’aime pas travailler pour rien, nous vous en proposons ci-joint la lecture.
Pendant ce temps la transformation numérique de la DGFiP avance en dehors de tout dialogue social, et si l’argent magique est réapparu (quand même 109 milliards débloqués en 2025 dans son budget par l’État pour l’ensemble des projets nationaux) à l’occasion du sommet pour l’action sur l’IA, cela n’empêche pas le budget de tailler à la tronçonneuse dans les services publics.
Contrairement à certains gourous, la CGT Finances Publiques ne fait pas le pari que l’IA réglera tous les problèmes de la société. Le progrès technique n’entraînera pas le progrès social, c’est ensemble et par la lutte qu’on l’obtiendra !