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ENQUÊTE MANAGÉRIALE : INSINCÉRITÉ AU PROGRAMME

Publié le 9 juillet 2026 - Lecture 2 mn

La Direction Générale a adressé à l’ensemble des cadres A une enquête sur les questions managériales.

Dans sa volonté d’unifier des situations multiples, la DG est fermement décidée à faire de tous les cadres des « managers ». Rappelons que ce terme nous vient des écoles de commerce où on apprend à vendre des smartphones ou des boîtes de conserve et n’a pas sa place dans le service public ! Triomphe de la novlangue, l’invention du « manager transverse » pour des cadres comme les Conseillers aux Décideurs Locaux !

Comme toujours, les questions de la DG sont orientées vers l’accompagnement du changement. Ainsi, dans sa volonté de continuer à détruire la fonction publique, une question comme « À mon niveau, je constate que les logiques de silo constituent un frein au pilotage » ne peut qu’inquiéter les cadres de la DGFIP. La liste des actions de formation proposées n’est qu’un catalogue indigeste de « stages » nombrilistes où l’objectif est uniquement de « cocher la case », bien loin des réels besoins des encadrants de proximité. Le collage de « post-it » sur des tableaux n’a jamais résolu une situation complexe vécue par un cadre !

Lorsqu’il est demandé aux cadres ce qui améliorerait l’attractivité des responsabilités d’encadrants, pléthore de propositions sur les outils informatiques, la « transversalité », l’initiative, l’autonomie et l’innovation… Mais aucun problème de rémunération à l’heure où les gels successifs du point d’indice grèvent lourdement notre pouvoir d’achat et où de plus en plus de cadres se sentent « hors-jeu », sans perspective de promotion ou de prise de poste valorisante, réservées aux « toutous » des directeurs !

De même, à l’heure où le maître-mot des cadres est l’improvisation, où les risques psychosociaux explosent, où l’on nous demande toujours plus avec moins de moyens, la question du sens que l’on donne à notre travail est délibérément absente. La DG ne s’y intéresse à aucun moment, sa seule préoccupation étant de supprimer toujours plus d’emplois en inventant des outils innovants pour gérer la pénurie qu’elle aggrave. Néanmoins, en catimini, la DG essaie de communiquer sur les « valeurs » de la DGFIP et du service public, des valeurs pourtant piétinées au quotidien. Cela occasionne un mal-être généralisé à la DGFIP, l’observatoire interne, pourtant largement trafiqué, ne peut même plus le cacher.

À la CGT Finances Publiques,
nous affirmons que tous les agents subissent les mêmes mauvais coups mais que pour les cadres s’ajoutent des difficultés spécifiques : isolement, invisibilisation du temps de travail réel avec le forfait-jour, autocensure, droit à la déconnexion non respecté, …

Nous ne sommes pas condamnés à subir cette maltraitance et à répercuter les régressions sociales sur nos équipes. Un autre encadrement, plus humain, est possible. Il implique une reconnaissance réelle des qualifications, une comptabilisation complète du temps de travail, des moyens humains pour nos missions, et un sens du travail retrouvé.