Le Réseau de la sociale n°19
Alors que les besoins progressent notamment du fait du vieillissement de la population, du développement des pathologies chroniques, du coût des nouvelles technologies et des médicaments, le Premier ministre annonce 54 milliards d’économies supplémentaires sur le budget de la Sécurité sociale pour 2027. Les pistes envisagées : réduire les prestations sociales, les services publics, les salaires des fonctionnaires, faire 6 milliards d’économies sur les retraité.es. Ces annonces ne prennent pas en compte une réalité de plus en plus intolérable au regard des conséquences humaines et sociales qu’elles représentent dans les faits.
La canicule de cet été, comme celle de 2003 ou la période COVID, a été révélatrice des manques, des besoins et des impacts du sous financement du secteur sanitaire, social et médico-social. Car c’est bien au quotidien que la population fait face à l’incapacité du système à répondre aux besoins : déserts médicaux, manque de lits d’hospitalisation, urgences saturées, enfance en danger laissée à l’abandon, les plus précaires laissé à la rue, personnes en perte d’autonomie laissée dans leur souffrances, manque de personnel, difficultés de recrutement, bâtiments vétustes ou inadaptés.
Tout le monde constate la situation dramatique dans laquelle notre système social et de santé a été plongé par des décennies de politiques de rigueur. Le résultat est sans appel : recul d’accès aux soins, augmentation de mortalité infantile, constat de morts évitables aux urgences, troubles psychologiques ou psychiatriques non traités maltraitance institutionnalisée dans les EHPAD, les crèches, les foyers de l’enfance, …
Les établissements sanitaires, sociaux et médico sociaux publics sont au bord de la rupture : une dette des hôpitaux estimée à plus de 30 milliards d’euros cumulés en 2024 essentiellement due au aux investissements hospitaliers qui pèsent sur le budget des établissements devant recourir à l’emprunt, un défi cit de 2,3 milliards en 2025 du au sous financement du fonctionnement (salaires, effectifs nécessaires aux soins), 85 % des EHPAD publics en déficit, d’après la FHF avec un défi cit cumulé 2022/2023 estimé à 1,3 milliard d’euros.
Alors que les capacités d’accueil du secteur public reculent, que le secteur privé non lucratif qui a des missions de service public connaît les mêmes difficultés budgétaires, les groupes privés à but lucratif gagnent « des parts de marché ». Cette marchandisation de la santé et de l’action sociale est un véritable détournement de l’argent public et de la Sécurité sociale.
A cela s’ajoute, le recul du financement des prises en charge par la solidarité avec l’augmentation du ticket modérateur, le forfait urgences, les déremboursements de médicaments, d’examens médicaux, des transports sanitaires, le recul des indemnités journalières en cas d’arrêts maladie. Toutes ces mesures pèsent sur les ménages qui se voient dans l’obligation, quand ils en ont la possibilité, de consacrer une part de plus en plus importante de leur revenu pour accéder aux prises en charge (mutuelles, assurances ou reste à charge) ou à renoncer aux soins.
De l’argent il y en a pour financer un système de santé et de protection sociale couvrant les besoins de la naissance à la mort : 211 milliards par an d’exonérations de cotisations sociales et autres aides publiques profitant aux grands groupes et à leurs actionnaires ; 3,48 milliards par an dégagé par la « journée de solidarité » sans savoir à quoi ils servent ; 1,1 milliards de réserve dans le périmètre du ministère de la Santé sans savoir à quoi elle sert ; 6 milliards pris à la Sécurité Sociale cette année pour renforcer le budget de guerre ; 7 milliards par an de taxe sur les salaires pris sur le budget des hôpitaux
Prévenir, soigner, accompagner, c’est investir dans une société de bien être, une société humaine et équilibrée.
Développer la Sécurité sociale par des cotisations (salaire brut et super brut), c’est mieux répartir les richesses issues du travail. La protection sociale ou le capital, la santé ou la guerre, pour La CGT, la réponse est claire !
