Mémo Sécu n°40 : Prime d’activité : un complément pour éviter la misère ?
La prime d’activité (PA) a été créée en 2015 pour compléter partiellement la faiblesse des rémunérations aux environs du SMIC. Pour les services de l’état, ce dispositif est destiné « aux travailleurs aux ressources modestes. Versée chaque mois, elle a pour objectif de soutenir l’activité en complétant les revenus professionnels. Mensuelle, elle a pour but de soutenir leur pouvoir d’achat et de favoriser leur retour ou maintien dans l’emploi. Elle concerne les salarié.e.s, les travailleur.se.s. indépendant.e.s et les fonctionnaires âgés de 18 ans et plus ». La PA est désocialisée et défiscalisée.
En janvier 2019, pour répondre au mouvement des « Gilet Jaunes » une revalorisation de 100 euros de cette prime et une modification des critères d’attribution étaient annoncées pour l’ensemble des salarié.e.s autour du SMIC. Si celle-ci n’a pas été aussi forte qu’annoncée, elle a tout de même permis une baisse de 0.6 points de la pauvreté monétaire, une augmentation du nombre de foyers éligibles et des revalorisations non négligeables pour certains foyers.
Au lieu d’augmenter le SMIC et les salaires en général, la réponse du président Macron à cette crise consistait à protéger les intérêts du capital et des employeurs. L’Etat (donc les contribuables que sont les salariés, y compris non soumis à l’impôt sur le revenu, mais contribuant via la TVA) a pris en charge la facture.
En 2023, la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) indiquait que plus de 4,6 millions de personnes percevaient la prime d’activité soit 10,2% de la population entre 15 et 69 ans.
En 2025, dans la plus grande discrétion, le gouvernement a révisé la méthode de calcul de cette prime d’activité entrainant une baisse pour l’ensemble des ménages et une économie attendue de 364 millions d’euros et de 500 millions pour les années suivantes.
Bien que la prime d’activité constitue un soutien financier nécessaire pour de nombreux salarié.e.s aux revenus modestes, elle représente en réalité une subvention indirecte au patronat, qui peut ainsi maintenir des salaires inférieurs à la valeur créée par les travailleurs. Ce mécanisme ne constitue pas véritablement un complément de rémunération lié à l’activité professionnelle, puisque son montant varie selon la composition du foyer plutôt que selon la contribution productive du salarié.
