La fiscalité, pour quoi faire ? _ CGT INSEE
Un document analytique sur la fiscalité et sur nos revendications
Le déficit budgétaire, évalué à 169 milliards d’euros (Md€) en 2024, focalise actuellement les débats politiques sur les solutions pour le résorber.
Il est le résultat de la politique fiscale menée depuis maintenant huit ans : exonération de cotisations sociales pour les entreprises, diminution des impôts de production et de l’impôt sur les sociétés, suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, remplacés par un impôt sur la seule fortune immobilière, prélèvement forfaitaire unique sur le capital. Soit 60 Md€ par an environ. S’y ajoutent les aides aux entreprises (211 Md€ par an selon un rapport sénatorial). Cette politique budgétaire d’enrichissement des plus riches et d’assistanat aux entreprises est largement responsable de l’endettement public. Elle a aussi conduit à un appauvrissement et une dégradation des services publics : santé et éducation, notamment. Cela suscite une grande colère dans le pays.
Les gouvernements et les médias dramatisent la question de l’endettement public, alimenté par les déficits et les plans de sauvetages des profits des entreprises au moment des crises économiques, pour justifier des mesures d’austérité contre les salarié·e·s, les privé·e·s d’emploi et les retraité·e·s ainsi que notre modèle social. Or, notre pays a besoin de faire fonctionner les services publics, son système de protection sociale et investir dans l’avenir, en particulier face au dérèglement climatique. Ce serait utile à tous, entreprises et ménages. Au contraire, réduire les dépenses de manière drastique n’est pas sérieux économiquement et socialement.
Aujourd’hui, la consommation et les revenus de la majorité de population contribuent le plus aux recettes fiscales. Les très-hauts revenus, quant à eux, ont un taux d’imposition global plus faible, principalement en raison de l’optimisation fiscale. Le débat sur les lois de finances de cet automne doit permettre d’envisager d’autres solutions que celles qui ont abouti à la situation présente. Notre syndicat propose de décrire dans les grandes lignes l’évolution de la fiscalité en France et d’explorer d’autres pistes.
