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Canicules, incendies : faire de l’adaptation climatique et de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité nationale

Publié le 29 juillet 2026 - Lecture 3 mn

La CGT exprime son profond soutien aux familles et aux proches des 3 pompiers décédés en luttant contre les flammes depuis le début du mois de juillet. Aujourd’hui la situation est catastrophique face aux incendies de Gironde et des Landes. La CGT apporte également son soutien aux 84 pompiers blessés dont l’un d’eux en urgence absolue ainsi qu’aux populations sinistrées et à l’ensemble des personnels mobilisés pour protéger les habitant·es et les territoires.

Ces mégafeux ne sont pas une fatalité : ils sont l’une des conséquences du dérèglement climatique causés par le capitalisme.

Cette responsabilité est également celle des choix budgétaires qui ont progressivement fragilisé les services publics chargés de protéger la population. Saluons une fois encore le dévouement des agentes et des agents des services publics qui font toujours face au péril de leur vie et de leur santé. Les hôpitaux comme les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) manquent de moyens humains et matériels pour faire face à des crises qui deviennent plus fréquentes et plus intenses. La diminution continue des moyens d’intervention, avec près de 1 000 camions-citernes déclassés en vingt ans, illustre ce désengagement. On ne peut plus accepter que la disponibilité des Canadair soit entravée par des pénuries de pièces de rechange ! Face à l’urgence climatique, l’État doit s’appuyer sur l’ensemble des savoir-faire publics, mutualiser les compétences, s’appuyer sur les salariés et mettre en œuvre une gestion stratégique des approvisionnements pour garantir une flotte suffisante opérationnelle en permanence.

La situation se complexifie encore avec l’annonce d’une quatrième vague de canicule dès cette semaine, qui viendra s’ajouter aux risques déjà liés aux incendies, aux fortes chaleurs, aux fumées et aux particules fines. Le travail tue aussi par la chaleur, et il est hors de question que de nouveaux drames surviennent faute d’anticipation et de mesures de prévention. Les employeurs doivent immédiatement adapter l’organisation du travail, et déployer toutes les mesures nécessaires pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses conformément aux revendications portées par la CGT depuis le début de l’été.

Face à cette situation exceptionnelle, la CGT a demandé ce jour au Gouvernement lors de la réunion interministérielle de prendre immédiatement les mesures suivantes :

  • prendre en charge à 100% le dispositif exceptionnel d’activité partielle, afin qu’aucun salarié ne perde un euro en raison des incendies, et mettre en oeuvre via les services de l’état une information claire sur les droits des salarié·es ;
  • dresser un état des lieux exhaustif des entreprises touchées, qu’elles soient en cessation totale ou partielle d’activité, avec la mise en place de cellules départementales de suivi associant les organisations syndicales. Une vigilance particulière doit être portée aux établissements industriels à risques, notamment les sites Seveso ;
  • anticiper dès maintenant le retour de la canicule en imposant l’adaptation de l’organisation du travail afin de protéger les salarié·es exposé·es. ;
  • protéger les salariés, particulièrement ceux travaillant en extérieur des conséquences de la canicule, des fumées et des particules fines, jusqu’à l’arrêt de certaines activités et par un suivi médical dans la durée notamment ;
  • renforcer immédiatement les moyens des SDIS : renforcer les effectifs de pompiers professionnels et les moyens matériels, renouveler les véhicules d’intervention, accélérer la maintenance de la flotte de Canadair et lever les blocages administratifs qui retardent la disponibilité des appareils et des pièces. Mais également des autres institutions publiques tel que l’ONF, l’OFB, les Dreets…
  • rendre obligatoire et automatique la libération effective des pompiers volontaires par leurs employeurs devant l’urgence de la situation
  • renforcer immédiatement les moyens dont les hôpitaux ont besoin dans le prochain PLFSS.

La France manque de pompiers, d’agent.es publics, de scientifiques. L’engagement fort des salariés ne peut se substituer à une réelle volonté politique à la hauteur de l’urgence climatique. Il faut enfin s’appuyer sur celles et ceux qui connaissent leur métier, leur secteur d’activité et prendre au sérieux les alertes incessantes de la communauté scientifique.

Après une quatrième canicule en quelques semaines et des mégafeux d’une ampleur inédite, le prochain budget ne peut pas être un budget d’austérité. Le dérèglement climatique n’est plus une crise ponctuelle mais une réalité durable qui peut encore être limitée par une vraie stratégie de bifurcation environnementale et sociale. La CGT portera dans le débat budgétaire ses propositions pour renforcer les services publics, les SDIS, la prévention, la protection des travailleurs et l’adaptation des territoires. Il est temps de sortir d’une logique de gestion permanente de l’urgence pour engager des politiques structurelles capables de lutter contre le dérèglement climatique et d’adapter notre société . Chaque euro qui manque aujourd’hui à la prévention et à l’adaptation alourdit les coûts humains, sociaux, environnementaux et économiques de demain.