CSAL du 10 mars 2026 - 03
Déclaration de la CGT Finances Publiques de l’Allier lue à l’ouverture du CSAL du 10 mars 2026.
A l’issue, le directeur a fait preuve de nonchalance en insinuant que les élus étaient incapable de lire des documents de CSAL.
Monsieur le Directeur,
550 nouvelles suppressions d’emplois équivalents temps plein à la DGFiP pour 2026 sont programmées dans le cadre de la Loi de finances.
Nous avons vu en CSAL FS un document de prévention des suicides.
La première mesure de bon sens à adopter aurait été de cesser ces suppressions d’emplois chaque année.
Souvenez-vous du livre « On achève bien les chevaux » d’Horace McCoy, un roman qui décrit un marathon de danse pendant la Grande Dépression et qui se solde par la mort des protagonistes.
La DGFiP, c’est ça : une institution qui continue de tourner en perdant peu à peu ses agents et qu’on entraîne vers la catastrophe par une politique voulue de suppression de poste.
Depuis sa création en 2008 jusqu’en 2026, la DGFiP aura subi 32 596 suppressions d’emplois temps pleins, correspondant à 29 % de ses emplois de titulaires. Si l’on regarde en termes d’effectifs physiques payés, entre 2008 et 2024, nos services ont déjà perdu autour de 38 000 effectifs payés de titulaires, soit presque un tiers de ses effectifs.
Et lorsqu’on embauche cette année, afin de pallier le manque d’effectifs dans les services malgré les suppressions, ce sont 1 400 contractuels ETP qu’on embauche.
La CGT Finances Publiques condamne ces recrutements payés au rabais et demande de vrais postes de titulaires et des salaires décents.
Dans l’Allier, grâce aux nouvelles modalités de comptage des effectifs, on passe de 400 à 370 postes.
Bravo, sans les mains, comme Gérard Majax…
Alors, on sait que les grands magiciens ne dévoilent pas leurs tours, mais comble du mépris pour les syndicats à qui par ailleurs vous donnez de la documentation à quelques jours des CSAL, et alors que tous les chefs de service sont au courant des suppressions qui vont intervenir, vous nous dites ne pas pouvoir les localiser…. Allons donc, voulez-vous qu’on demande de l’aide à la gendarmerie pour retrouver ces suppressions perdues ?
En réalité, vous cherchez à rester maître de l’agenda social car nos collègues sont très inquiets de cette annonce, surtout qu’on voit à présent les contours du NRP 2 se préciser.
Sans entrer dans les détails techniques, la CGT Finances Publiques constate que dans toutes les missions de la DGFiP, notamment tous les services de gestion, la même méthode est appliquée :
• Création de services d’appui ou de centres de contact.
• Transfert massif d’emplois des services de terrain vers ces services d’appui ou centres de contact.
• Restructuration des services de terrain dépouillés de leurs missions et de leurs emplois.
L’ensemble des mesures prises fin 2025 / début 2026 laisse présager le NRP2, c’est-à-dire l’application à toutes les missions de la DGFiP de cette méthode en 2026 / 2027, au détriment des agents de la DGFiP, de leurs conditions de travail et du service rendu aux usagers.
La méthode est toujours la même :
• Appauvrissement du service.
• Concentration à un niveau supérieur sans moyens.
• Au final, souffrance des agents au travail et moins de services rendus à l’usager, qu’il soit un particulier, une entreprise ou une collectivité publique.
La CGT Finances Publiques regrette l’application de cette méthode qui ne fait qu’aggraver les dysfonctionnements du service public sans générer la moindre économie, contrairement au mantra libéral.
S’ajoute à ce sombre tableau la faillite de la RGPD qui devait protéger nos données, la faillite de la CNIL et le vol massif de data dans toutes les administrations de France.
Il y a des années, la CGT de l’Allier avait interpellé les directeurs de l’époque en leur demandant s’ils pouvaient prétendre garantir aux usagers, qu’on obligeait à tout virtualiser, que leurs données ne seraient pas piratées. À l’époque, elle s’était vu répondre avec morgue que la « RGPD nous protège ».
Nous ne reposerons pas la question aujourd’hui car tout le monde connaît la réponse. Plus personne n’oserait garantir quoi que ce soit concernant les données que les citoyens ont confiées à l’État. Ce n’est pas grave, c’est gravissime et aucun de nos décideurs ne semble prendre la mesure du scandale et de la situation catastrophique pour les usagers.
Car les usagers nous ont confié leurs data dématérialisées contraints et forcés, et se sont vu repousser des points d’accueil.
Et au lieu de faire une pause et de sécuriser nos infrastructures numériques, ça continue :
Facturation électronique obligatoire, dématérialisation des échanges, dématérialisation obligatoire des dons manuels, fermeture des antennes des SIP, abandon de plus en plus complet de la mission d’accueil des particuliers… Qu’arrivera-t-il quand les malfaiteurs de France, connectés au DarkNet, apprendrons qui a reçu des dons et pour quelle sommes ? Ils iront attaquer les personnes à domicile et la DGFIP en portera la responsabilité.
Sombre tableau.
La maltraitance des usagers et du personnel continue et aucune réflexion, aucune pause n’est prévue dans les restructurations, la dématérialisation à marche forcée et son corollaire, les suppressions d’emplois… On achève bien les chevaux et à la fin on sait qui empochera la prime.
En attendant, comme le dialogue social est rompu ; que le mépris et la rétention d’information l’ont remplacé, nous ne siégeront pas à cette instance qui n’a de paritaire que le nom.