Budget 2027 : le gouvernement gèle le point d’indice mais allège la surtaxe des grands groupes !
Le gouvernement vient de confirmer le gel du point d’indice pour la quatrième année consécutive ! Les premières annonces sur le budget 2027 sont catastrophiques.
Le 17 septembre, le Premier ministre a présenté les grandes orientations du budget 2027 : un effort d’environ 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public à 5% du PIB. Pour les agent·es public·ques, la facture tombe : le point d’indice, gelé depuis juillet2023, le restera en 2027. Sur un an, l’inflation est de 2.4 % soit une économie d’environ 4 milliards d’euros pour l’État. Dans le même temps, la contribution exceptionnelle des très grandes entreprises sera ramenée à 5 milliards d’euros par an, contre 8 milliards jusqu’ici. Ces 3 milliards d’euros d’impôt en moins pour les grands groupes sont auraient pu être mis à contribution. Ce que l’on refuse aux agent·es, on le concède aux plus grandes entreprises.
La Cour des comptes avait donné le ton le 21 septembre : elle préconise 20 milliards d’euros d’économies supplémentaires sur la masse salariale publique d’ici 2029, par le non-remplacement d’une partie des départs en retraite, une « sous-indexation concertée et pluriannuelle » du point d’indice, des carrières ralenties et moins de mesures catégorielles. Pour la seule fonction publique territoriale, elle chiffre un scénario à 140 000 agent·es de moins. Ces recommandations sont dangereuses car elles dessinent la trajectoire que suit le gouvernement : moins d’agent·es, des agent·es moins bien payés et des agent·es aux carrières qui ne progressent plus selon les grilles de la fonction publique !
Les faits démentent le discours du gouvernement comme de la cour sur de prétendus gains de pouvoir d’achat des agent·e·es public·ques. Ils s’appuient sur des données qui intègrent les échelons gagnés par les agent·es et les promotions comme des augmentations de salaire, alors qu’ils récompensent une progression de l’expérience et des qualifications.
Depuis février 2017, la valeur du point n’a progressé que d’environ 5 %, quand l’inflation cumulée devrait atteindre 24 % fin 2026 : le point a perdu 15,62 % de son pouvoir d’achat. Depuis la hausse du SMIC du 1er juin, le traitement de 862 000 agent·es n’atteint désormais le SMIC que grâce à une indemnité différentielle. La smicardisation de la fonction publique touche près d’un agent·e sur sept, elle attaque toute la catégorie C et la catégorie B. En janvier, à la prochaine hausse du SMIC, les débuts de la catégorie A seront aussi sous le SMIC !
Ce budget n’est pas seulement injuste : il fabrique la crise d’attractivité. Le gel des salaires tarit les candidatures aux concours, 11 % des postes sont d’ores et déjà non pourvus ! Les employeurs recrutent sous contrat et les contractuels représentent déjà 24 % des agent·es public·ques. On invoque ensuite cette contractualisation pour demander, comme le fait la revue stratégique de la DGAFP, s’il faut « encore » des fonctionnaires sous statut.
À quelques semaines des 80 ans du Statut général des fonctionnaires, le contraste est saisissant. La loi du 19 octobre 1946 voulait qu’aucun traitement de fonctionnaire ne soit inférieur à 120 % du minimum vital ; en 2026, les premiers échelons des grilles sont sous le SMIC. Le meilleur hommage au Statut serait de rémunérer dignement celles et ceux qui font vivre le service public !
LE MARDI 29 SEPTEMBRE, TOUTES ET TOUS EN GRÈVE ET DANS LA RUE
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L’UFSE-CGT appelle l’ensemble des agent·es, actifs et retraités, à faire grève et à manifester à l’appel de l’intersyndicale Fonction publique CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP. Le projet de loi de finances doit être présenté en Conseil des ministres dans les jours qui suivent : c’est maintenant que tout se joue.