GT Eco-responsabilité du 05 Février 2026 : - Déclaration liminaire
La dégradation de l’environnement est devenue une source majeure d’inquiétude chez les Français.
L’urgence climatique et la nécessité d’adapter notre pays aux catastrophes qui se produisent de plus en plus fréquemment (inondations, sécheresses, tempêtes, cyclones…) ont poussé la France à poursuivre l’objectif de neutralité carbone en 2050.
Pour préparer une France à +4 °C en 2100, le gouvernement a lancé en mars 2025, le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC). Il prévoit un ensemble d’actions concrètes pour adapter notre territoire aux impacts visibles et attendus du changement climatique. L’accent est mis sur la dimension territoriale et sur le financement des mesures.
Loin d’anticiper les effets avec une approche écologique et solidaire, le PNACC3 se concentre sur la mise en place d’outils assurantiels, de réformes administratives dont le but est tout autre et de mesures techniques insuffisantes pour protéger les populations.
Le discours ministériel met en avant la territorialisation et l’implication des élus locaux. Mais comment répondre efficacement aux risques climatiques avec des administrations et des collectivités exsangues, dont les budgets sont étranglés par l’austérité ?
Entre 2019 et 2024, le bilan de gaz à effet de serre (BEGES) montre que le nombre de kilomètres « domicile-travail » a diminué de 17 %, et que les émissions de ce poste ont diminué de 18 %.
Dans le même temps, la distance moyenne domicile-travail a augmenté passant de 14,9 kms en 2019 à 19,1 kms en 2024.
Le télétravail a entraîné une baisse de 25 % des déplacements domicile-travail et des émissions de CO2. Cependant, les restrictions imposées aux agents démontrent de plus en plus que cette faculté est mise en place au profit de l’administration et sans considération pour l’articulation vie professionnelle – vie personnelle des agents.
S‘i’l y a transfert des coûts énergétiques chez les collègues en télétravail, cela n’a aucun intérêt écologique, au contraire.
Le poste d’émission « Consommation énergétique des bâtiments » représente 52,5 Ktonnes eqCO2, soit 19 % des émissions GES de la DGFIP. Les émissions GES de ce poste ont diminué de 17 % entre 2019 et 2024.
Toutefois, il est à noter qu’entre 2019 et 2024, le nombre d’implantations de la DGFIP a diminué de 40 %. En effet, parmi les actions mises en place, le Nouveau Réseau de Proximité (NRP) a contribué à la disparition de 415 bâtiments soit plus de 3% de la surface occupée.
Pour la CGT Finances Publiques, la fermeture de sites ne peut être la solution, car elle entraîne la dégradation du service public et l’augmentation des temps de transports des collègues et usagers.
Pour analyser l’empreinte environnementale, il faut tenir compte de l’ensemble des aspects des restructurations et réorganisations.
De plus, la réduction de la consommation énergétique des bâtiments se traduit par des restrictions dans l’utilisation de la climatisation et du chauffage conduisant les agents à affronter des températures dans les bureaux pouvant varier de 13° en hiver à plus de 38° en été dans certains services, sans action administrative.
Si la DGFIP se vante d’encourager les mobilités douces et alternatives aux énergies fossiles en instaurant le forfait mobilité durable, il en est tout autre avec la fin de la possibilité pour les agents d’utiliser les bornes de recharge électrique installées à grand frais dans les directions.
Pourtant, dans la note du 4 août 2020 sur l’engagement de la DGFiP dans une démarche écoresponsable (ÉcoFiP – plan Bercy vert), signée par Jérôme FOURNEL, directeur général de l’époque, il est indiqué sur le sujet de la promotion des mobilités douces :
« Les directions sont invitées à implanter des bornes de recharge électriques dans leurs parkings pour accompagner le renouvellement du parc et ouvrir ces bornes aux agents de leur direction, aux autres administrations et aux usagers ».
De même, le tri sélectif des déchets constitue un axe essentiel de la démarche Bercy Vert, en administration centrale comme dans les services déconcentrés. De multiples initiatives locales pour la collecte du papier en vue de son recyclage ou la collecte des bio-déchets ont également été mises en place.
C’est le cas à la DRFIP de La Réunion où une entreprise gère le ramassage et le recyclage du papier en toute opacité. Si le papier est détruit au niveau local, la destination de ces déchets stockés dans des containers et acheminé par bateau demeure inconnue et la DRFIP974 refuse de transmettre les informations suite à la demande de la CGTR Finances publiques.
La CGT Finances Publiques dénonce une décentralisation de façade sans moyens suffisants, la destruction par le gouvernement des législations, réglementations et structures de l’État protectrices des populations et de l’environnement. Tout cela aux profits d’un capitalisme sauvage dont la voracité nous a amené à dépasser le seuil de non-retour du changement climatique. Et plutôt que de freiner, ou de faire un pas de côté, on nous entraîne toujours plus vite droit dans le mur.
Le plan ne prévoit aucun financement structurel à la hauteur des enjeux, se reposant sur des fonds déjà sous tension (Fonds Barnier, Fonds vert, agences de l’eau).
La population et les ménages seuls sont mis à contribution pour près de 60 % face aux dégâts environnementaux, face au désengagement de l’État !
Dans un contexte d’austérité pour les services publics, de discours officiels qui, quand ils ne sont pas choquants, sont purement de façade, rien d’étonnant à ce que les documents de ce GT soient vides de sens, vides de projets associant transition écologique, amélioration des conditions de travail et de réalisation des missions, déroulant des arguments de langage creux, bureaucratique et parfaitement désincarné.
Planter des arbres, entretenir les plantes vertes de son bureau, cajoler des abeilles, recycler du papier (pour finalement l’envoyer par-delà les océans au mépris du bilan carbone ?!), bien sûr que c’est sympa, bien sûr que c’est tendance, très à la mode, très Ecofip-compatible. Mais nos missions, notre cœur de métier, notre bien-être au travail, nos rémunérations, qui s’en soucie vraiment ?
Nous terminerons par une interrogation essentielle dans un GT qui reste malgré tout budgétaire : quel est le montant exact dont dispose la DGFIP pour mettre en œuvre ses ambitions en matière d’éco-responsabilité ?
Sans réel budget dédié, nous en resterons à une vaste opération de green-washing et de communication positive.
Pour la CGT finances publiques, éco-responsabilité doit s’articuler avec conditions de travail, bonne réalisation des missions et qualité de service rendu au public. Nous en sommes bien loin à la DGFIP.
Plus que jamais, ÉcoFiP signifie économies à la DGFIP.