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GT du 7 mai 2026 : Plan de transformation environnemental - Déclaration liminaire

Publié le 7 mai 2026 - Lecture 6 mn

Nous sommes actuellement confrontés à une crise pétrolière liée à l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, hors du droit international, qui a entraîné une forte spéculation faisant grimper les prix du gaz et du pétrole, dont les profits vont principalement aux grands groupes pétroliers.

Chaque jour, des millions de travailleurs et travailleuses n’ont d’autre choix que d’utiliser leur voiture pour aller au travail. La flambée des prix et le tassement des salaires depuis plusieurs années aggrave considérablement le niveau de vie toujours à la baisse des salarié·es. Aussi, une urgence s’impose : tous les salaires doivent augmenter, et en premier lieu le salaire minimum à 2000€ brut par mois, afin de pouvoir vivre de son travail.

Dans de nombreux pays – et dans les Outre-mer – les prix des carburants sont encadrés pour éviter les abus. En France, ce contrôle a été supprimé en 1983 au nom de la concurrence... Il faut d’urgence encadrer les prix du carburant.

Pour revenir au plan de transition, l’urgence climatique et la nécessité d’adapter notre pays aux catastrophes qui se produisent de plus en plus fréquemment (inondations, sécheresses, tempêtes, cyclones…) ont poussé la France à poursuivre l’objectif de neutralité carbone en 2050.

Pour préparer une France à +4 °C en 2100 voire dans un scénario tendanciel +5,4 °C, le gouvernement a lancé en mars 2025, le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3). Il prévoit un ensemble d’actions concrètes pour adapter notre territoire aux impacts visibles et attendus du changement climatique. L’accent est mis sur la dimension territoriale et sur le financement des mesures.

Loin d’anticiper les effets avec une approche écologique et solidaire, le PNACC3 se concentre sur la mise en place d’outils assurantiels, de réformes administratives dont le but est tout autre et de mesures techniques insuffisantes pour protéger les populations.
Le discours ministériel met en avant la territorialisation et l’implication des élus locaux.
Mais comment répondre efficacement aux risques climatiques avec des administrations et des collectivités exsangues, dont les budgets sont étranglés par l’austérité creusée par l’augmentation du budget de la défense jusqu’en 2030 ?

Entre 2019 et 2024, le bilan de gaz à effet de serre (BEGES) montre que le nombre de kilomètres « domicile-travail » a diminué de 17%, et que les émissions de ce poste ont diminué de 18%.
Dans le même temps, la distance moyenne domicile-travail a augmenté passant de 14,9 kms en 2019 à 19,1 kms en 2024.

Le télétravail a entraîné une baisse de 25% des déplacements domicile-travail et des émissions de CO2.

Cependant, les restrictions imposées aux agent.e.s, refus de jours flottants, limitation à 1 jour ou maximum 2 jours de télétravail fixe, démontrent de plus en plus que cette faculté est mise en place au profit de l’administration et sans considération pour l’articulation vie professionnelle – vie personnelle des agent.e.s.
S‘il y a transfert des coûts énergétiques chez les collègues en télétravail, cela n’a aucun intérêt écologique, au contraire.

Aujourd’hui vous évoquez le projet de mise en place d’un télétravail temporaire obligatoire pour contourner l’encadrement du télétravail (télétravail exceptionnel sous contrôle préfectoral) qui s’accompagne d’une nouvelle notion de joignabilité du de la télétravailleur.euse au seul profit de l’administration. Vous justifiez ce tour de passe passe au prétexte d’évènements climatiques et d’urgences locales non clairement définies et hors de tout cadre légal (absence de température maximum et minimum, vague notion d’ urgence …) et le tout sans autorisation d’absence pour les non télétravailleur.euse.s, ou pour celles et ceux dont les missions ne sont pas télétravaillables.

La CGT finances publiques
constate que les pistes exploitées sur l’adaptation de l’organisation du travail au changement climatique, sont vides de process et ne nous donnent aucune visibilité concrète face à des enjeux essentiels en matière organisationnelles, bâtimentaires, de condition de travail et encore moins en matière de santé et de bien être au travail.

Le poste d’émission « Consommation énergétique des bâtiments » représente 19% des GES de la DGFIP. Les émissions GES de ce poste ont diminué de 17% entre 2019 et 2024.
Toutefois, il est à noter qu’entre 2019 et 2024, le nombre d’implantations de la DGFIP a diminué de 40%. En effet, parmi les actions mises en place, le Nouveau Réseau de Proximité (NRP) a contribué à la disparition de 415 bâtiments soit plus de 3% de la surface occupée.

Ceci sans parler du « NPR2 », c’est à dire la disparition des antennes, le regroupement et la fusion de services et la création de pôles ou de centres notamment de contact (suites de la démétropolisation).
Ceci aussi sans compter la densification des surfaces qui agglomère les agents dans des salles non climatisées et qui supprime des salles de réunion climatisées lieu de repli en période de fortes chaleurs.

Pour la CGT Finances Publiques, la fermeture de sites ne peut être la solution, car elle entraîne la dégradation du service public et l’augmentation des temps de transports des collègues et usagers.
Pour analyser l’empreinte environnementale, il faut tenir compte de l’ensemble des aspects des restructurations et réorganisations.

De plus, la réduction de la consommation énergétique des bâtiments se traduit par des restrictions dans l’utilisation de la climatisation et du chauffage conduisant les agents à affronter des températures dans les bureaux pouvant varier de 13° en hiver à plus de 38° en été dans certains services, sans action administrative.

Vous annoncez d’ailleurs que la majorité du parc est inadaptés aux températures futures faute de climatisations et que seules certaines directions ont effectuées des études de vulnérabilité des risques sur leurs sites ( cartographie des risques climatiques, étude et diagnostic bâtimentaires et géologiques) que vous proposés de généraliser. Ouf, il était temps !

Si la DGFIP se vante d’encourager les mobilités douces et alternatives aux énergies fossiles en instaurant le forfait mobilité durable, il en est tout autre avec la fin de la possibilité pour les agents d’utiliser les bornes de recharge électrique installées à grand frais dans les directions.

Qu’en est-il de l’engagement du DGA d’ouvrir à prix coûtant dans une démarche écoresponsable l’accès des bornes de recharge électriques dans les parkings de l’administration aux agent.e.s de notre administration et pourquoi pas aux autres administrations voire aux usagers. L’ex-DG si était engagé dès 2020.

Vous proposez également d’intégrer les impacts du dérèglement climatique sur l’environnement de travail dans la démarche d’évaluation des risques professionnels (DUERP ) qui constituerait pour nous une avancée que nous demandions depuis longtemps avec leur intégration dans les plans d’action.
De même vous envisagés de formaliser les modalités d’accompagnement des agent.e.s ayant subi un sinistre habitation d’ampleur ou subissant des entraves majeurs dans leur vie quotidienne en raison d’un évènement climatique majeur comme le cyclone CHIDO à Mayotte.

La CGT Finances Publiques attend la communication écrite de ces pistes qui sont attendues par l’ensemble des personnels notamment ceux qui ont déjà été confrontés à ces évènements où la solidarité de notre communauté professionnelle a souvent suppléé celle de l’administration.

Par contre sur l’organisation du travail le plan DGFIP d’adaptation au changement climatique semble vides de sens, vides de projets associant transition écologique, amélioration des conditions de travail et de réalisation des missions, déroulant des arguments de langage bureaucratique et parfois biaisés.

La CGT Finances Publiques dénonce une décentralisation de façade sans moyens suffisants, la destruction par le gouvernement des législations, réglementations et structures de l’État protectrices des populations et de l’environnement. Le dernier projet de loi qui semble sonner le glas de l’ADEME, en est l’exemple. Quoi de mieux que de supprimer le thermomètre pour ne plus voir le problème.Tout cela aux profits d’un capitalisme sauvage dont la voracité nous a amené à dépasser le seuil de non-retour du changement climatique. Et plutôt que de freiner, ou de faire un pas de côté, on nous entraîne toujours plus vite droit dans le mur.

Nous terminerons par une interrogation essentielle dans un GT qui reste malgré tout budgétaire : Quel est le montant exact dont dispose la DGFIP pour mettre en œuvre ses ambitions pour le plan de transition environnemental 2026-2028 ?
Le plan ne prévoit aucun financement structurel à la hauteur des enjeux, se reposant sur des fonds déjà sous tension (Fonds Barnier, Fonds vert, agences de l’eau).

La population et les ménages seuls sont mis à contribution pour près de 60 % face aux dégâts environnementaux, face au désengagement de l’État !

Sans réel budget dédié, nous en resterons à une vaste opération de de communication positive.

Pour la CGT finances publiques, l’adaptation de l’organisation du travail au changement climatique doit s’articuler avec amélioration des conditions de travail, du bien être au travail, de bonne réalisation des missions et de la qualité de service rendu au public.

Nous en sommes bien loin à la DGFIP.

Plus que jamais, ÉcoFiP signifie économies à la DGFIP.