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GT du 28 mai 2026 : Lignes Directrices de gestion _ Promotions - Déclaration liminaire

Publié le 28 mai 2026 - Lecture 4 mn

Ces Lignes Directrices de Gestion (LDG) s’appuient sur le concept de « mérite ». Le Xème gouvernement de Macron (on perd le compte) ne peut être qualifié de particulièrement méritant.

En effet, le 13 mai 2026, l’INSEE a annoncé un taux d’inflation à 2,2 % sur un an, dans un contexte de troisième année de gel du point d’indice. Cet effondrement sans précédent depuis 1946 prouve que ce gouvernement de seconds couteaux intérimaires, impotent politiquement voire en état de mort cérébrale, organise délibérément la smicardisation de la fonction publique ! En effet, par exemple, dix échelons de la grille C1 sur onze sont rattrapés par le SMIC, c’est quatorze années de service sans aucun effet sur la fiche de paie ! Pour la première fois, le traitement indiciaire de plusieurs corps de stagiaires A passera cette année en dessous du SMIC !

Le contexte budgétaire dégradé par la poursuite de l’inefficace politique de l’offre (et ses 211 milliards d’aides aux entreprises, sans contreparties ni contrôle) et par les dépenses de guerre se traduit à la DGFIP, entre autres, par des obstacles inacceptables aux remboursements de frais pour formation et exercice des missions ! Faire payer les agents pour travailler semble devenu une solution pour continuer à arroser les entreprises d’aides publiques…

Concernant les modifications de LDG soumises à ce groupe de travail (GT), y a-t-il vraiment urgence à continuer à casser le statut de la fonction publique en cette fin déclinante de quinquennat ? On sait bien que vos donneurs d’ordres vous évaluent sur ce critère de transformation permanente et souhaitent « terminer le travail » avant d’être dégagés mais les agents de la DGFIP ne méritent pas un tel traitement.

Nous avons trouvé vos dernières inventions « particulièrement méritantes ».

« Particulièrement méritant » parce que c’est le leitmotiv qui revient dans l’ensemble de vos fiches. Mais surtout « particulièrement méritant » de tenter de nous faire croire que ce que vous nous proposez est un progrès pour les agents.
Difficile de savoir par quoi commencer.
Peut-être par la différence marquée dans vos fiches entre l’agent qui peut espérer s’il est particulièrement méritant devenir inspecteur et donc CADRE.
A partir de là tout lui sera possible s’il est « particulièrement méritant » bien sûr. La traduction pour la direction générale étant flexible et corvéable à merci.
Avant ce grade tout ce que vous promettez aux agents et aux contrôleurs c’est de la sueur et des larmes mais c’est peut-être aussi une façon de les inciter à la promotion.
Quelques exemples :
Pour les cadres les dispositifs de fin de carrière sont multiples : IDIV à titre personnel, échelon spéciaux… S’ils ont été « particulièrement méritants » bien entendu. Pour les B et les C rien de prévu vous avez juste dit et confirmé que la liste d’aptitude ne devait pas être un bâton de maréchal même si on est « particulièrement méritant ».

Pour les tableaux d’avancement vous durcissez encore les conditions pour les obtenir en augmentant le nombre de cotation minimum du tableau synoptique pour pouvoir y prétendre. C’est vrai qu’en ces temps ou le gel des points d’indice fait reculer notre pouvoir d’achat tout augmentation du point d’indice par promotion est bonne à prendre. Ce serait dommage de votre point de vue que celle-ci ne soit pas durement gagnée.
Sur les conditions de Tableau d’avancement vous avez visiblement décidé que vous ne feriez rien pour les fonctionnaires issus d’une autre administration et cette augmentation de cotation est un frein supplémentaire à un hypothétique tableau d avancement … il faut encourager la mobilité dites-vous ? Drôle de méthode !

En matière de frein à la mobilité là ou vous battez des records c’est avec votre refus de reclasser les stagiaires C interne avant 10 mois. Le motif invoqué : supprimer une inégalité en matière de mobilité que personne n’a jamais pointée du doigt… dans une catégorie ou tous les départements sont ouverts. Cela mérite quelques explications de texte.
Par contre la garantie de maintien de salaire dans la fonction publique en cas de mobilité devient vraiment caduque avec cette mesure et l’inégalité et les problèmes que cela créent pour les agents qui en sont victimes vous laissent dans une indifférence totale.
Vous irez expliquer à une famille monoparentale qui a peut-être dû faire une mobilité pour rejoindre la DGFiP que son gel de rémunération pendant 10 mois est une mesure d’égalité… Pour y parvenir il va falloir que vous soyez « particulièrement méritant »…

Nous compléterons ces propos lors de l’examen des documents en séance mais la fiche 2 nécessitera un bilan pour éviter qu’une mesure favorable aux agents ne soit in fine contournée, par exemple en compensant les promotions non pourvues par des recrutements supplémentaires d’agents non-titulaires.

Pour conclure et conformément aux expressions de la CGT Finances Publiques lors de l’examen de ce point durant le plan d’égalité professionnelle, nous déplorons que ce dispositif ne s’applique pas à toutes les promotions, sa restriction aux seuls CIS et LA de C en B interroge réellement sur la volonté de la DGFIP de promouvoir l’égalité.