FS de réseau du 15 octobre 2026 - Communiqué
Une Formation spécialisée en santé sécurité et conditions de travail s’est tenue le 15 octobre 2026, en l’absence des élu·es et représentant·es de la CGT Finances publiques.
Le boycott du CSAR du 30 septembre 2026 est prolongé : le dialogue social est au point mort à la DGFiP, nous avons décidé de porter les revendications des personnels directement auprès des parlementaires et de nous joindre aux mouvements de jeunesse des lycéens avec lesquels nous avons des revendications communes.
L’ordre du jour de cette FSSSCT abordait pourtant de nombreux sujets importants pour les agentes et les agents de la DGFiP : gestion de la canicule, point d’étape du déploiement du plan d’actions pour améliorer les conditions de travail et prévenir les risques suicidaires, exécution du budget 2026 de la FSR, bilan du TBVS, politique immobilière et conditions de travail, sûreté, sécurité et conditions de travail bâtimentaires. Autant de sujets sur lesquels nous sommes déjà intervenus auprès de la DG à de nombreuses reprises mais qui restent encore aujourd’hui sans réponse.
Pour la CGT Finances publiques, les vagues de suicides et tentatives de suicides auxquelles nous sommes confrontés depuis la fin de l’année 2024 ne peuvent être déconnectées du contexte professionnel et ne reposer que sur la santé mentale et les fragilités individuelles.
Le nouveau drame du suicide du 8 octobre d’un collègue des services informatiques sur son lieu de travail, qui nous a tant choqués, est clairement lié à la tension constante, l’organisation du travail et aux restructurations permanentes ainsi qu’à la dégradation des conditions de travail des agent.es de tous grades à la DGFiP. Si nos pensées vont tout d’abord à sa famille, ses collègues et plus largement à l’ensemble de notre communauté professionnelle, notre colère est grande.
Les dysfonctionnements applicatifs, la mise en production de la facturation électronique, les vols de données de ces derniers mois, les projets IA dans tous les sens n’ont fait qu’aggraver la pression et la charge de travail. Les risques psychosociaux et organisationnels sont de plus en plus présents, tant au niveau du SI que de la DTNuM.
La CGT Finances publiques est toujours dans l’attente de réflexions et d’actions concrètes de la part de la DG sur le travail et son organisation. Nous lui avions déjà demandé des décisions fortes sur les emplois, et les moyens pour redonner une bouffée d’oxygène dans les services et nous ne sommes encore aujourd’hui qu’en présence de mesures d’accompagnement qui reportent la responsabilité et les actions sur les personnels de tout grade. Un pansement sur une jambe de bois et il faudrait le coller nous-même !
Avec 7 suicides et 26 tentatives de suicides en 2026 (19 suicides et 26 tentatives de suicides en 2025), nous ne pouvons que constater l’absence d’efficacité du plan d’action 2025-2027 pour l’amélioration des conditions de travail et de prévention du risque suicidaire déployé à ce jour à 95 %. Plan que nous avions rejeté à l’unanimité des organisations syndicales le 30 octobre 2025 parce qu’il n’interroge pas les réalités du travail, de son organisation et les moyens nécessaires à mettre à disposition des personnels pour assurer leurs missions et un service public de qualité.
Pire, la DG revient sur son engagement écrit de juillet 2025 d’organiser une enquête de la FSSSCTL pour chaque suicide ou tentative de suicide, en invoquant l’autorisation du ou de la collègue concerné·e, souvent en état de choc, fragilisé·e et en panique sur les répercutions professionnelles de son geste. Cerise sur le gâteau, la DG fait co-financer les expertises externes demandées par les représentants du personnel par les budgets de fonctionnement locaux des directions et ceux des FSSSCTL, déjà pourtant très réduits, ce qui entraîne de fait une réticence des directeurs locaux pour financer ce type d’action.
Le dialogue social est définitivement en panne. Il y a une absence d’écoute de la DG envers les représentants du personnel, à l’instar du gouvernement macroniste. Elle continue avec brutalité à accélérer la casse de nos missions.
Brutalité ! Oui, par rapport au mépris affiché pour les personnels, alors même que notre service public ne tient debout que grâce à la conscience professionnelle et l’attachement profond à leur mission des agent·es !
Pourtant le dernier Observatoire interne 2026 de la DGFiP est explicite sur ce que la DG appelle le ressenti des agent·es :
- 33 % des répondants se disent fatigués et 32 % se disent désabusés (contre 18 % pour toute la la fonction publique d’État).
- 34% jugent le stress lié au travail important et 31 % ont une quantité de stress lié à leur travail de 6,1 sur une échelle de 0 à 10 ; et pourtant certains services ont déjà atteint le seuil critique de 7 sur 10(stress chronique et épuisement) sans action spécifique de la DG.
- D’ailleurs 54 % des répondants n’ont pas connaissance du plan d’actions DGFiP 2025-2027 destiné à améliorer les conditions de travail et à prévenir les risques suicidaires.
- 58% des agents considèrent que la direction n’évolue pas dans le bon sens, dont 35 % disent que le rythme du changement au sein de sa direction est trop rapide.
- 44 % disent que leur charge de travail est trop lourde.
- 50 % disent que la charge de travail est mal répartie.
- 34 % disent que le fonctionnement n’est pas efficace.
- 47 % trouvent que leur motivation diminue.
- 68 % des agent·es ne se sentent pas reconnus dans leur travail.
- 72 % ne sont pas satisfaits de leurs conditions d’avancement et de promotion.
Le mal-être ne se mesure pas qu’en chiffres ; il se vit chaque jour, dans les services, dans les couloirs.
Un constat partagé par nombre de parlementaires que nous avons rencontrés aux cours des auditions, des missions et commissions parlementaires relatives à la DGFiP, qui estiment que le gouvernement s’est lancé dans une destruction systémique de la DGFiP et de ses missions.