CSAR du 9 octobre 2025 : Déclaration liminaire
Ce CSAR s’ouvre dans un contexte politique inédit, Après avoir battu le record du gouvernement le plus long à se constituer, a été battu dans la foulée le record du gouvernement le plus rapidement démissionnaire (avant même que ne soient nommés les secrétaires d’État) !
Ce ne devrait pas être une surprise tant cela démontre la déconnexion croissante entre le Président de la République et les Français. Persister dans le déni de démocratie et la négation du suffrage des électeurs en juillet 2024 en nommant en responsabilité des élus du parti le plus minoritaire à l’Assemblée n’est plus acceptable.
Les Français se sont exprimés massivement pour plus de justice sociale et fiscale. Plus de deux millions de travailleuses et travailleurs, privé·es d’emploi, jeunes retraité·es se sont déjà mobilisé·es les 10, 18 septembre et 2 octobre pour dénoncer la violence du budget en préparation et exiger des réponses sociales. L’énormité des cadeaux faits aux entreprises et aux plus riches est désormais connue et reconnue comme la cause principale des difficultés budgétaires de notre pays,
Ces difficultés budgétaires frappent de plein fouet le service public, ses usagers et ses agents, par des mesures toujours plus injustes pour les salariés et les retraités.
La DGFIP n’est pas épargnée, pas assez régalienne probablement... Les réductions d’effectifs et de budget, passées et futures ont abîmé l’outil et profondément atteint les agents, et ce, délibérément, dans la poursuite d’une idéologie libérale au profit des plus aisés !
Dans ce contexte, il ne vous reste plus qu’à gérer la pénurie et tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes avec des mesures de désorganisations silencieuses toujours plus dommageables pour notre maison, la maison des agents qui la font vivre, pas celle de ceux qui la détruisent.
L’ODJ de ce CSAR illustre bien cette déconnexion entre la Tour d’Ivoire de Bercy et les besoins des usagers.
S’appuyant sur une réduction provoquée de l’accueil physique, l’importance accordée aux accueils distants ne peut répondre aux besoins de toute une partie de la population. Écrire que les modalités de contact sont laissées au choix de l’usager est un mensonge grossier, la messagerie sécurisée empêchant la prise de rendez-vous physique. Le développement des points de contact suite au NRP n’est qu’une fumisterie, les EFS ne gérant pas les demandes de rendez-vous suite à des SATD par exemple...
Écrire que le canal téléphonique est la meilleure réponse à la problématique (quelqu’un a dit problème) d’accueil pour les amendes constitue une dégradation significative du service public, sous couvert d’incivilités ayant obligé les directions à fermer leurs accueils physiques. Cette stigmatisation des usagers est inacceptable !
De même, la mise en œuvre de la « rénovation » de l’allocation et de la gestion des emplois à la DGFIP n’a qu’un seul objectif : faire disparaître la vacance d’emplois qui met en souffrance chaque jour les agents de la DGFIP (à part bien sûr dans les services « prioritaires » qui ont fait l’objet de créations, sans surprise sur ce site sanctuarisé de Bercy). De plus, les implications RH de ce plan sont inquiétantes, les redistributions d’emploi entre directions sont susceptibles de provoquer un NRP2, qui plus est dans le contexte le plus difficile qu’ait jamais connu la DGFIP !
En conclusion, les mêmes causes produisant les mêmes effets, au sommet de l’État comme à la DGFIP, il est urgent de changer de politique !