CSAR du 7 juillet 2025 : Compte rendu
La CGT Finances Publiques est retournée siéger au CSAR, alors qu’elle ne l’avait pas fait depuis le 5 mars 2024, tant les conditions de vie au travail pour les agents se sont dégradées, avec un mal être au travail généralisé et en point d’orgue 13 suicides et 8 tentatives de suicides depuis le début de l’année. La piètre qualité du dialogue social explique aussi notre boycott des dernières réunions.
Pour ouvrir ce CSAR, la directrice générale s’est félicitée de l’envoi anticipé (15 jours avant) des documents, ainsi que du suivi des engagements pris.
À la suite des déclarations liminaires des organisations syndicales, la directrice générale a commencé à faire passer sa communication :
- Annonces de nouvelles implantations de Centres de Contact (CDC) amendes et professionnels suite au « succès » des implantations des CDC Amendes de Toulouse et Épinal.
La politique de re localisation des services publics dans les territoires a généré la création de 73 nouveaux services dans 66 communes rurales.
330 nouveaux emplois vont être implantés à partir du 01/09/2026 (2300 jusqu’à maintenant).
4 nouveaux CDC pros seront créés en 2026 (on passe de 10 à 14), à la Réunion, à Brive, au Mans et à Partenay, ainsi que 3 nouveaux CDC Amendes à Longuenez (2026), Toulon (2027) et Pithiviers (2027).
Un point plus global sur la prise en charge des amendes sera fait dans un prochain CSAR ou en GT.
Pour la CGT Finances publiques, sans création budgétisée de postes de fonctionnaires, l’administration procédera à l’implantation de ces emplois par redéploiements (habiller Pierre en déshabillant Jacques) et embauches de contractuels. De plus, la politique de développement des CDC, au sein desquels les conditions de travail sont très dégradées, s’intègre dans le plan de la DGFiP de limiter au maximum, voire supprimer l’accueil physique des usagers.
- Restructurations des PCE : un nouveau groupe de travail est prévu et il manque une phase d’échanges avec les directions locales, le but étant toujours de démanteler ce service pour augmenter la place de l’expertise dans les SIE et du Contrôle Fiscal en Direction. Avec quels effectifs ? Aucune précision n’a été donnée. Cependant la Direction a annoncé qu’elle souhaitait maintenir une programmation pertinente.
- RGP : la directrice générale a tenté d’être rassurante face aux fortes inquiétudes des représentant·es élu·es du personnel. En effet, selon elle, il existe les textes et il existe la jurisprudence. Il faudrait rester prudent sur les jugements de premières instances, car beaucoup de procédures sont restées sans suite. C’est d’ailleurs un questionnement plus général, pourquoi y a-t-il autant de procédures ouvertes (192 déférés, 50 % sans suite et 33 encore devant la chambre) ?
L’objet de la réforme est d’établir une responsabilité plus large, qui ne repose pas uniquement sur les comptables publics.
La DG demande de signaler tout cas d’agents rencontrant des difficultés.
Pour la CGT finances publiques ce changement constitue un élément supplémentaire de préoccupation, voire générateur d’anxiété chez certain·es agent·es. La CGT partage l’avis de l’Association des Conseils et Comptables Publics sur les dernières décisions, à savoir une dérive hors du cadre fixé initialement par la RGP, ce que conteste la DG qui reste dans le déni ! Nous n’avions franchement pas besoin, dans le contexte actuel, d’une telle mesure !
- Mesures en cas de forte chaleur : la directrice générale a pris note qu’il faut améliorer en local les accords sur le télétravail exceptionnel et les aménagements d’horaires. Il faudra également faire des diagnostics bâtimentaires.
- Data Center inondé : des travaux de rénovation étaient en cours lors du sinistre. Les dégâts sont encore en cours d’expertise. Il n’y aurait aucun impact en production, mais des projets seront retardés, notamment concernant la paye et la mise en œuvre du Congé Médical à 90 %.
- Sujets RH :
> COSUI sécurité : voir le compte-rendu CGT Finances publiques de la réunion dédiée.
> Vague de suicides à la DGFIP : la Directrice générale s’est dite ébranlée par le nombre : 13 suicides au jour du CSAR et 8 tentatives de suicides, dont 2 sur le lieu professionnel.
C’est un traumatisme, même s’il s’agit d’un acte privé. Elle a assuré que les acteurs de prévention étaient mobilisés et qu’il fallait être attentif aux traumatismes qui se déclarent plus tard. La situation à cette période de l’année est très préoccupante. La Directrice a proposé de revenir sur ce sujet au CSAR de septembre.
Elle a décidé de proposer une enquête de manière systématique, car même si le suicide ou la TS ne s’est pas passé sur le lieu de travail, il faut se poser la question de l’impact professionnel. L’employeur a un devoir de prévention. La CGT Finances publiques rappelle que l’employeur a également un devoir de résultat en matière de RPS !
Une formation premiers secours en santé mentale est expérimentée dans la région Centre. Un retour d’expérience doit être fait. Mais la DG souhaite déjà sa généralisation. Cela devrait se faire au niveau du SG, sinon la DGFiP l’organisera.
Il est de la responsabilité de la DGFiP de développer et construire des collectifs de travail bienveillants.
La CGT Finances Publiques n’est pas dupe et les agents non plus. Si la DG fait cette annonce, qui est en totale contradiction avec ce que l’administration a porté à la Formation Spécialisée de réseau du 1er juillet (voir compte-rendu sur notre site), c’est parce que les médias ont commencé à s’emparer du sujet. Pour qu’il n’y ait plus de lien direct entre actes suicidaires et travail, il faut arrêter de dégrader les conditions de travail des agent⋅es, leurs règles de gestion, d’empiler les restructurations à un rythme insoutenable et permettre une bonne articulation entre travail effectué dans des conditions correctes et vie privée.
> Situation de la santé collective : elle propose de partager plus systématiquement les chiffres avec les OS sur les congés maladie et les Congés Longue Durée.
La DGFiP a enregistré un pic d’absences en 2022, puis une baisse de celles-ci, avec stabilisation depuis le début de l’année 2025.
> Égalité femmes/hommes : un groupe de travail sera organisé mi-septembre. Ce sujet est une préoccupation majeure de la DG. Il ne faut pas non plus oublier les hommes, elle y sera particulièrement attentive, ainsi que sur les Violence sexistes et sexuelles (VSS).
> Accueil de stagiaires de seconde : elle s’est félicitée que cette année il y ait eu +20 % de stagiaires de seconde à la DGFiP (par rapport à 2024), et qu’à Bercy il n’y ait pas eu que des parisiens, mais également des jeunes des banlieues.
> Observatoire Interne 2025 : il y a eu 54 % de réponses, chiffre en augmentation (48 % en 2024). la Directrice Générale est satisfaite de la participation et des indicateurs en progrès (notamment sur le management de proximité, et l’engagement), mais elle regarde aussi les autres chiffres. Elle s’est dit très attentive sur le fait qu’une des préoccupations majeure des agents est la charge de travail.
Mais ce que la Directrice Générale a oublié de dire, c’est que ces chiffres sont très mauvais, souvent en deçà de la moyenne Fonction publique et, lorsqu’ils progressent, c’est à un rythme pitoyable ne permettant pas d’affirmer que l’évolution serait « positive » ! C’est faire mentir la réalité qui saute aux yeux lorsqu’on ne tente pas de détourner le sens des chiffres (cf notre compte-rendu de la Formation spécialisée de réseau du 1er juillet).
Les agents ne se projettent plus dans l’avenir, subissent les changements. Ils sont insatisfaits de leur charge de travail. À peine plus de la moitié d’entre eux estiment que leur service fonctionne correctement. Moins de la moitié se sentent reconnus et valorisés. A peine 30 % sont satisfait des possibilités d’avancement ou de promotion. Cerise sur le gâteau, seuls 26 % des agents que la DGFIP évolue dans le bons sens, et comme cela représente +3 points par rapport à 2024, ce sont, pour l’administration, des éléments positifs !
Sur 5 ans, rien n’a été fait pour que les chiffres ne soient plus aussi mauvais.
Voilà tout ce que la Directrice générale ne dit pas, et surtout pas que les agents trouvent d’avantage d’information auprès des syndicats qu’auprès de leur chef de service (chiffre à l’appui) !
> Une agente de la DGFIP a été interpellée vendredi à cause de divulgations d’adresses d’agents pénitentiaires qui ont été agressés par la suite (Seine Saint-Denis) par des criminels. Une information sur Ulysse va être faite (elle a été faite depuis). Sur les contrôles de traçabilité inversée, ce doit être tolérance zéro. Il doit y avoir sanction à chaque faute constatée.
> Recrutement local au choix dans le cadre du mouvement A : une évaluation par les A ayant fait une demande d’affectation est en cours. La DG reviendra avec le bilan.
> Budget : la ministre a dit « on ne peut plus rechercher l’exemplarité de Bercy ».
Le groupe de travail « Emplois » a été décalé le 4 septembre. La DG n’a pas souhaité détailler, nous affirmant qu’elle n’avait pas plus de précisions.
> Engagement de stabilité du réseau : la directrice générale a affirmé qu’il n’y aurait pas de réouverture du NRP en 2026. « On ne prépare pas quelque chose de l’ampleur du NRP ».
Elle a cependant ajouté que pour elle le NRP était une bonne réforme !
La CGT Finances Publiques est intervenue pour affirmer que ni la DG, ni le ministère ne peuvent repeupler les territoires avec des agents ; ce ne sont pas des pions que l’on peut bouger en fonction de restructurations, de réformes, des marottes des ministres. Des services sont réimplantés, là où il y avait auparavant des trésoreries de pleine compétence, mais ils n’accueillent pas de public.
Maintenant, ce sont les PCE qui sont restructurés, les agents sont fatigués. L’administration ne s’inquiète pas de savoir si les agents approuvent la réforme. Elles et ils subissent des changements incessants de missions, de lieux, il ne faut pas s’étonner que l’observatoire interne ne soit pas bon.
Leurs conditions de travail quotidiennes se dégradent, ils sont maltraités, que ce soit par leur direction locale ou par les mesures nationales. Ils ne peuvent pas se projeter sur 2 ans, tant ils subissent de réformes. La CGT Finances Publiques ne peut laisser dire que le NRP est une bonne réforme sans réagir ! Pas un agent ne dit ça ! OK sur l’importance qu’il faut mettre dans l’égalité femmes/hommes ou les VSST, mais la politique de la DG empêche d’atteindre ces buts.
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