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Conseil de Promotion de Toulouse du 18 décembre 2025

Publié le 22 décembre 2025 - Lecture 7 mn

Après lecture de propos liminaires sur le contexte politique, la déclaration liminaire a pointé des points d’insatisfactions de ce début de scolarité.

Évaluation des UC

Las ! Les inspecteurs stagiaires ont récemment fait l’amère expérience des limites d’un trop grand recours à la dématérialisation, avec le plantage total des évaluations sur la plateforme Odissée le 1er décembre. La CGT Finances publiques déplore bien évidemment que le problème n’ait pas été résolu pour les nouvelles épreuves du 15 décembre, et considère que des enseignements doivent en être tirés de manière pérenne, pour les futures évaluations mais aussi pour l’ensemble du parcours de formation à l’ENFiP.

La CGT Finances publiques regrette que la direction n’ait pas fait preuve de davantage de transparence sur les modalités du « plan B » dès l’annonce de ce dernier. Il n’est pas acceptable que les inspecteurs stagiaires soient maintenus dans l’ombre concernant les modalités de leur évaluation. Une telle opacité ne favorise ni une bonne préparation des collègues ni la sérénité des esprits. 

De plus, la CGT Finances publiques déplore le choix de reprogrammer les évaluations un lundi matin. En effet, un tel créneau horaire ne va pas sans causer d’importantes difficultés logistiques pour les inspecteurs stagiaires habitant loin des établissements, et est de nature à remettre en cause l’effectivité du tiers-temps prévu pour les inspecteurs stagiaires y ayant droit. Par ailleurs, cette reprogrammation conduit à revenir sur les autorisations d’absence accordées à des inspecteurs stagiaires devant participer à des examens diplômants ou ayant planifiés des rendez-vous médicaux. Cette situation est inacceptable, elle pénalise les inspecteurs stagiaires pour une faute qui incombe à la direction. 

Suite aux revendications de la CGT Finances publiques de mettre tout en œuvre pour que les épreuves se déroulent dans les meilleures conditions pour les inspecteurs stagiaires notamment par :

  • ◦ la préparation de sujets adaptés au format papier ;
  • ◦ des exercices adaptés au temps imparti en tenant compte des conditions d’organisation matérielles ;
  • ◦ faire preuve de bienveillance à l’égard des stagiaires le jour de l’épreuve ;
  • ◦ permettre aux chargés d’enseignement de corriger les copies dans de bonnes conditions,
  • force est de constater que ces épreuves écrites n’ont pas été adaptées au nouveau format.

Certaines évaluations d’UC, notamment celle portant sur l’environnement DGFiP, n’ont pas pris en compte les nouvelles modalités écrites. Des questions trop longues au vu du temps imparti ont empêché le bon déroulement de cette évaluation.

La CGT Finances publiques dénonce l’inadaptabilité de ces épreuves et revendique une plus grande bienveillance à l’égard de la correction des copies.
La CGT Finances publiques revendique aussi un retour de la direction sur les dysfonctionnements informatiques qui ont empêché la tenue des épreuves et les solutions trouvées pour empêcher la répétition de ces problèmes.

Dédensification de la scolarité

Au-délà des évaluations, le trop grand recours à la dématérialisation est symptomatique d’un problème structurel de la formation telle qu’elle est actuellement dispensée. Les journées de travail en autonomie ne pourront jamais remplacer des enseignements en présentiel avec des formateurs, avec des temps de questions/réponses, et de véritables exercices de reformulation. Trop souvent des notions importantes vues en autonomie, potentiellement présentes lors des évaluations de compétence, ne sont pas accompagnées d’un support en bonne et due forme, et ne donnent pas lieu à une reprise en présentiel, malgré les engagements pris par l’ENFiP lors des précédents Conseils de promotion et en Groupe de travail de formation professionnelle. Il est incompréhensible que des éléments aussi importants que l’environnement DGFiP, par exemple les missions d’un SIE, ou la découverte d’un logiciel de comptabilité soient vus en autonomie, et non pas en présentiel, avec un formateur.

La CGT Finances publiques préfère revendiquer en lieu et place de cette journée davantage d’exercices de reformulation, de séances de soutien, et une demi-journée de TTA supplémentaire par semaine afin d’avoir le temps nécessaire pour assimiler les enseignements. Elle revendique plus généralement d’avoir un temps de reformulation à la fin de chaque thème, ainsi qu’un temps de révision plus important avant les évaluations. Il est essentiel de dédensifier la scolarité afin de favoriser l’appropriation des connaissances essentielles à l’exercice des missions des inspecteurs des finances publiques. L’enseignement de comptabilité dans son format actuel est particulièrement illustratif : il est illusoire de penser que l’ensemble des stagiaires peuvent assimiler en l’espace d’une semaine les notions les plus complexes.

Le contenu pédagogique des cours dispensés à l’ENFiP apparaît parfois en décalage avec les missions exercées par la suite, voire difficilement compréhensible pour les stagiaires.
À titre d’exemple, et plus particulièrement pour les inspecteurs informaticiens, la place très importante accordée à des notions de DBA pour les analystes, ou encore l’enseignement approfondi de la programmation orientée objet en Python — avec 27 heures supplémentaires — interroge, dans la mesure où les analystes travaillent ensuite majoritairement en Java. Certes, ces enseignements peuvent apporter une culture générale de l’objet, mais dans les faits, ils ont parfois constitué une difficulté plutôt qu’un appui. En effet à l’heure des révisions de l’UC Linux/réseaux, la POO en tant que nouvelle matière obligatoire pour certains stagiaire, était introduite. Cela a pu pénaliser certains analystes déjà en difficultés dans leurs révisions et créer de la confusion face à la multitude de langages.

La CGT Finances publiques revendique :

  • • Le retour d’une formation initiale de 18 mois pour les agents de catégorie A ;
  • • Le retour d’une formation initiale de 12 mois pour les agents de catégorie B ;
  • • Le retour d’une formation initiale de 18 mois pour les techniciens géomètres ;
  • • La suppression du caractère probatoire du stage pratique.

    Réforme des enseignements d’encadrement

Les cours de « management » actuellement proposés en formation sont d’une part extrêmement situés (recours extensif à des notions importées de pratiques et concepts théorisés par des entreprises et entités administratives états-uniennes), et d’autre part contraires à plusieurs valeurs du service public. Il n’est pas acceptable que les agents de catégorie C et B soient comparés à des enfants qu’il convient de savoir manipuler. Il est indispensable de revoir le contenu de cet enseignement, afin de faire une plus grande part aux sciences sociales, notamment la sociologie, à des mises en situations concrètes qui permettent de réfléchir collectivement aux solutions à apporter, en valorisant l’expérience professionnelle interne et externe des collègues.

Affectation/Mouvement local

Prise en compte des gardes alternées dans les critères de priorité

La CGT Finances publiques
déplore que la situation des parents partageant la garde de leurs enfants avec leur ex-conjoint ne soit toujours pas prise en compte dans le cadre des affectations.
De la même manière, il est impensable en 2025, que la situation du conjoint, en activité mais en congés parental, n’offre aucune priorité aux stagiaires.

La CGT Finances publiques demande que la DGFiP entre enfin dans le 21ème siècle et adapte ses critères de priorité aux situations familiales des agents.

Mouvement local et les processus chaotiques selon les directions locales

Alors que la CGT Finances publiques avait dénoncé la généralisation des postes aux choix pour les inspecteurs stagiaires, la promotion 2026 a payé les pots cassés d’une réforme mal préparée et improvisée. Ainsi, les directions locales ont mis en place des processus et des critères de recrutement opaques et radicalement différents les uns des autres, ouvrant la porte à toutes formes de discriminations. Les stagiaires ont subi une pression inacceptable, devant pour certains rédiger une quinzaine de lettres de motivation différentes lors de leur temps de vacances, ou bien encore participer à une dizaine d’entretiens de recrutement sur leur temps de travail autonome. Les recrutements locaux au choix ont également eu pour conséquence d’enfermer les internes dans les métiers qu’ils ont déjà exercé. Alors que la direction nous parle de mobilité de carrière, elle a décidé de crever les pneus de la voiture avant même qu’elle ne démarre.

Concernant la modification unilatérale des règles des premières affectations (devenu au choix pour les A à la rentrée 2025), nous demandons la publication d’une note officielle définissant clairement les critères de sélection pour les postes.

Nous constatons que chaque lieu d’affectation possible applique ses propres règles.
Certaines directions ont laissé entendre que des places étaient déjà réservées pour des stagiaires (internes, faux externe, ex contractuels...), pendant que d’autres demandaient déjà des CV et enfin pour d’autres, l’application de la règle de ne rien communiquer avant la date prévue.

Nous déplorons que les affectations soient priorisées au « métier » plutôt qu’à la situation géographique et que les stagiaires et leur famille restent dans le flou.

Nous ne pouvons accepter le changement des règles, après l’acceptation au concours, sans visibilité et sans prise en compte des situations personnelles. Il faut des règles claires, objectives et connues en amont du concours.

Il conviendra de rappeler que l’engagement dans la fonction publique repose sur des valeurs fortes eu premier rang desquelles figurent la qualité de vie au travail et l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
L’attente des stagiaires est de pouvoir exercer nos futures missions dans des conditions respectueuses de notre santé, de notre organisation personnelle et de notre vie familiale.
C’est un facteur essentiel d’attractivité, de motivation et de fidélisation des agents au sein de la fonction publique.

Nous exigeons donc la définition et la communication claires, partagées et opposables, applicable à tous et toutes, afin de garantir l’égalité de traitement des agents et de préserver l’attractivité et le sens de l’engagement dans la Fonction publique.

Dénonciation de l’accord PSC

Enfin, pour conclure avec les problèmes posés par la dématérialisation croissante, rappelons que l’ensemble des agents de la DGFiP en ont fait l’expérience avec les difficultés rencontrées sur la plateforme d’affiliation de la GMF-VIVINTER. De manière plus générale, la CGT Finances publiques continue d’exiger que le Ministère transmette à toutes les organisations syndicales les éléments permettant d’expliquer le choix de l’opérateur Alan, ainsi qu’un rapport d’analyse complet. Au vu des alertes remontées par la CGT du ministère en charge de l’aménagement du territoire et de la transition écologique, dont les agents se sont vus imposés ALAN comme prestataire, concernant les hausse du panier de base et des options, la CGT Finances publiques renouvelle son appel aux autres organisations syndicales à dénoncer l’accord signé en 2024.